"Qui lit petit lit toute la vie" - Rolande Causse - 2005

Publié le par Aubagne Ville-Lecture




Source : Critique du Bulletin des Bibliothèques de France (BBF)


BBF 2006 - Paris, t. 51, n° 01

L'image « http://images-eu.amazon.com/images/P/2226155503.08.MZZZZZZZ.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.Rolande Causse - "Qui lit petit lit toute la vie - comment donner le goût de lire aux enfants de la naissance à l’adolescence"

avec la collaboration d’Arlette Calavia pour la bibliothèque idéale. Paris : Albin Michel, 2005 – 345 p. ; 23 cm. - (Questions de parents). ISBN 2-226-15550-3 : 17 €

par Nathalie Garrouste

Spécialiste de la littérature de jeunesse et auteur de nombreux livres pour enfants, Rolande Causse consacre son dernier essai à son cheval de bataille : les jeunes et les livres. S’adressant aux parents soucieux de l’épanouissement et de la réussite de leurs enfants, ce livre-guide leur apprend à éveiller la curiosité et à susciter le goût et l’envie de lire, même chez les enfants réfractaires ou ceux qui ont « décroché ».

Rolande Causse veut montrer que les jeunes peuvent aimer lire, et que le désintérêt pour l’écrit n’est pas une fatalité, notamment face à la séduction de la télévision et des nouvelles technologies. Plaisir, émotion, réflexion, ouverture au monde : Rolande Causse liste les vertus de la lecture et soutient l’idée que son apprentissage est plus aisé chez les enfants qui ont baigné dans les livres dès leur plus jeune âge. Des encadrés pratiques donnent des conseils, résument certains propos, ou relatent des anecdotes. De nombreux titres sont commentés tout au long de l’ouvrage, des classiques jusqu’aux publications récentes.

Ce livre connaît un écho médiatique élogieux 1. J’émets pourtant des réserves quant à la facilité d’emploi de cet ouvrage didactique, dont de prochaines mises à jour sont d’ores et déjà annoncées. Aucune illustration, trop de références au bas des pages : la présentation est assez austère et experte pour une première approche de la littérature de jeunesse (345 pages). Les documentaires et revues sont quasi absents, les bandes dessinées sont présentées comme des lectures par défaut pour lecteurs débutants ou mauvais lecteurs. Rolande Causse a des réponses assez catégoriques à des questions aussi complexes que : qu’est-ce qu’un excellent livre pour enfant ? Ses affirmations sont parfois hâtives, son ton est injonctif.

Une bibliothécaire (conservateur à Limoges) propose en complément sa « bibliothèque idéale ». Dommage que les résumés soient succincts ou absents, imprécis ou grandiloquents. Certaines indications d’âges sont à nuancer, les prix littéraires ne sont pas précisés. Le choix des livres est forcément sujet à discussion.

Les précédents essais de Rolande Causse sur les enfants et la lecture ne sont pas mentionnés 2. On notera pourtant des similitudes entre le présent ouvrage et l’essai Qui a lu petit, lira grand publié en 2000 (Plon), par exemple entre le titre, le découpage des chapitres, ou le contenu de certains paragraphes.


Notes :

1. Voir l’interview de Jeanne de Ménibus dans le magazine Lire du mois d’octobre 2005.

2. Cf. Guide des meilleurs livres pour enfants, Calmann-Lévy, 1986 et L’enfant lecteur, Autrement, 1988.

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Source : Magazine "Lire", octobre 2005
extrait des propos de Rolande Causse accordés à Jeanne de Ménibus

[...] Quand commencer à lire des histoires à son enfant et comment s'y prendre?

R.C. Dès deux mois: la maman donne le biberon puis, lorsque le bébé est encore éveillé, elle peut engager une lecture en théâtralisant. C'est un temps privilégié de douceur avec l'adulte: bercé par la voix, l'enfant écoute, touche, regarde le livre. Rapidement, il a des pages préférées. Cette familiarisation précoce permet au livre de devenir un jouet au même titre qu'un hochet. Il lui changera les idées quand il pleure, il pourra aussi faire office d'objet transitionnel, figurant la présence des parents en leur absence.

A partir de quel âge peut-on laisser un enfant lire seul?
R.C. Il ne faut surtout pas le forcer à lire seul car l'apprentissage de la lecture ne se fait pas au même rythme d'un élève à l'autre. Il faut entre un et trois ans pour une parfaite aisance, c'est-à-dire que la lecture soit entrée dans les automatismes et ne constitue plus un effort. C'est à l'enfant de choisir le moment où il terminera un livre seul et il peut aussi avoir besoin de ce moment avec les parents qui sont souvent absents. Une bonne méthode est de lire chacun un chapitre et de se le raconter mutuellement.

A quels autres moments faut-il être vigilant?
R.C. L'entrée en sixième est une étape sensible: l'enfant est inquiet devant la multitude de professeurs et la nouvelle organisation. Il ne faut pas hésiter alors à reprendre la lecture à voix haute en choisissant des romans qu'il aime. Quand survient l'adolescence, on peut «laisser traîner» des livres «gourmandises» en espérant qu'il s'en saisisse en douce. Car ce n'est pas un âge où l'on recherche particulièrement des activités qui ravissent parents et professeurs... On peut aussi envisager des temps de lecture en famille, instaurer une journée par mois où tout le monde s'y met, choisit sa phrase préférée et la partage, explique les raisons de son attachement à un livre.

Comment reconnaît-on un bon livre?
R.C. C'est souvent un livre qui plaît aussi à l'adulte et propose plusieurs niveaux de lecture. Autre critère: la finesse et la musicalité de la langue. La présence d'un humour particulier compte aussi, comme chez Claude Ponti ou chez Anthony Brown. L'illustration doit ajouter au texte une dimension poétique, comme chez Georges Lemoine. Pour les romans, à défaut de s'y atteler soi-même, on peut appeler à la rescousse le bouche-à-oreille et des médiateurs, bibliothécaires et libraires, qui lisent les nouveautés et établissent des sélections éclairées. Et bien sûr inscrire son enfant à la bibliothèque, le plus tôt possible. [...]

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