Albert Sanchez Pinol, auteur de "La peau froide", reçu par les élèves jurés d'Aubagne à l'espace culturel Comoedia le jeudi 2 mars à 15h30, dans le cadre du prix des lycéens PACA

Publié le par Aubagne Ville-Lecture

Le jeudi 2 mars 2006 à 15h30, dans le cadre du prix des Lycéens et apprentis PACA, les élèves jurés d'Aubagne reçoivent Albert Sanchez Pinol, auteur catalan de "La peau froide", en lice pour le prix dans la catégorie "roman".
L'entrée est libre et ouverte à tous

L'image « http://jacbayle.club.fr/images/SanchezPinol.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.

Anthropologue né en 1965, Albert Sanchez Pinol est aujourd’hui l’auteur de langue catalane le plus vendu dans le monde depuis le succès de son premier roman, « La peau froide ». Vendu à plus de 130.000 exemplaires, traduit en 24 langues à travers le monde, ce roman est également en projet d’adaptation cinématographique.

La peau froide nous plonge très probablement au début du XXème siècle, dans un îlot inconnu de l’Antarctique, où le protagoniste de ce récit débarque comme climatologue chargé durant une année d’effectuer des mesures météorologiques. Son prédécesseur a disparu et il est bientôt contraint de partager la retraite d’un gardien de phare avec lequel il va subir chaque nuit les assauts d’inquiétantes créatures amphibies.

Pour Albert Sanchez Pinol, Littérature et Anthropologie se confondent. « L’anthropologie me permet de faire des analyses structurelles de tout lieu. Elle m’aide à comprendre où en est l’humanité et sa part la plus obscure ». (El Pais, déc. 2005.).

Entre roman fantastique et étude psychologique, on retrouve dans ce roman beaucoup d’ingrédients connus. Parce que le lecteur se trouve plongé dans les pensées les plus profondes des protagonistes, il y a sans doute du Stephen King dans cette œuvre. L’arrivée en bateau, l’aventure humaine et solitaire des héros suggère les romans d’aventures de Defoë, Stevenson, Verne ou Conrad L’étrangeté de l’atmosphère, l’exotisme des créatures nocturnes rappelle à bien des égards Edgar Allan Poe, Lovecraft et surtout Richard Matheson.

Dans la droite lignée de ces références, c'est l'étude des contradictions et des paradoxes du comportement humain qui fonde ce roman, c’est la question de l’altérité, de l’autre, de l’étranger qui est en jeu dans ce livre. Dans « Je suis une légende » de Richard Matheson, l’auteur américain met en scène le dernier humain dans un monde devenu la proie des vampires se déchaînant la nuit. La parenté avec cette œuvre se retrouve ici du fait de l’alternance entre journées et nuits, entre normalité et horreur et surtout dans le regard et la réflexion porté sur la figure du monstre.

Dans un style épuré à la première personne du singulier, l’auteur réussit à fouiller le caractère des personnages. Le choix de ne donner que peu de précisions sur la localisation géographique de l’île, le temps de l’action ou même l’origine exacte des créatures, confère au roman le caractère d’une fable moderne et obscure.

Ce qui est finalement au cœur de ce livre, c’est la peur de l'autre, menace ancienne et si profondément humaine, qui draine toujours les sentiments les plus extrêmes, d’angoisse, de terreur, jusqu’à la folie meurtrière…

L'image « http://www.itf-frankfurt.de/images_2/0509-08-Stille-Pinol_Sanchez_01.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.
Albert Sanchez Pinol.

« Ouest France », 21 novembre 2004 :
« On songe à Lovecraft [...] mais il y a aussi du Conrad et du Stevenson dans cette robinsonnade de cauchemar, qui plonge dans les gouffres les plus obscurs de la nature humaine. Malgré leur détestation réciproque, le climatologue et le gardien de phare doivent s'unir face à la horde des envahisseurs qui déferlent, toujours plus nombreux, des ténèbres marines. L'hiver austral s'installe, et les deux hommes, réfugiés dans leur phare-forteresse, massacrent à n'en plus finir ces créatures des profondeurs qui les terrorisent ... L'angoisse le dispute à la folie meurtrière.
Incisif et glaçant, La Peau froide ne se contente pas d'être un conte fantastique. L'auteur, avec un art consommé du suspense, y dissèque la peur de l'autre, la violence de nos instincts, l'engrenage absurde et cruel de la guerre. »

« Marianne » - septembre 2004 :
« L’île déserte, la solitude, la peur de l’autre et l’ensauvagement, tous ces thèmes se mêlent pour composer une grammaire de la civilisation. La Peau froide est le récit de la genèse du contrat social et du pacte passé par deux hommes bien décidés à lutter contre la barbarie et les ténèbres qui les entourent et qui menacent de les engloutir. C’est aussi le récit d’une lutte acharnée contre la peur venue du fond des âges et génératrice de préjugés, d’abus et de violences ».

Commenter cet article