Atelier d'écriture de conte avec Patrice Favaro et Jean David - Collège Lou Garlaban d'Aubagne

Publié le par Aubagne Ville-Lecture

Atelier d’écriture de conte avec
Patrice Favaro et Jean David.
 
Pour la septième année consécutive et dans une ambiance ludique au centre Les Espillières, des élèves du collège Lou Garlaban d’Aubagne assistés d’un conteur et de son luth (Jean David) et d’un écrivain (Patrice Favaro), ont imaginé deux contes qu’ils ont mis en mots et ont appris à raconter au cours d’un travail collectif de réécriture et d’échanges avec leurs professeurs.
 
Le projet est né d’un partenariat entre le collège, les intervenants et Ville Lecture. Il a été financé par l’Education Nationale, la DRAC PACA, le Conseil Général et la Ville d’Aubagne.
 
 
Patrice Favaro (Ecrivain) : Je suis né à Nice. D¹un grand-père italien, musicien et conteur, me viennent la passion de la musique et le goût de raconter des histoires. J'ai abandonné mes études de journalisme (abandon sans regrets ni remords !) pour exercer la profession de luthier durant quelques années. Puis, j'ai refermé une dernière fois la porte de mon atelier pour m¹en aller suivre un théâtre ambulant ; j'y ai été tour à tour musicien, saltimbanque, marionnettiste et comédien.
Depuis une dizaine d¹années, mes activités et mes voyages me conduisent régulièrement en Inde. Des versants himalayens à la plaine du Gange, en passant par Pondichéry, j'arpente les chemins, y multipliant rencontres et découvertes que je note dans mes carnets de route. Le restant du temps ? Je vis en Provence et je me consacre à l¹écriture, à la mise en scène, à animer des ateliers de théâtre et d¹écriture destinés en particulier au jeune public. [source : bibliographie Ricochet]
 

Jean David (Conteur) : Né en 1946 à Oudja –Maroc, Jean David est tout à la fois musicien, artiste, luthiste, conteur. Parlant couramment l’arabe, langue de son pays natal mais aussi l’hébreu (la langue de ses ancêtres juifs Séfarades) qu’il a apprise en France en étudiant des années durant le joyau de la Bible « Le cantique des cantiques », il s’installe à Lyon où il étudiera les sciences politiques. Après s’être intéressé à de nombreuses expressions musicales, il est le premier luthiste à composer et enregistrer en France un disque de musique contemporaine avec cet instrument dès les années 70. Interprète d’une grande finesse, il aura beaucoup contribué à faire connaître l’instrument de la Renaissance dans les maisons des jeunes et les écoles. Conteur à la voix pleine de sensibilité qui marie ses mots aux sons de son luth qui l’accompagne toujours, Jean David est en « tournée permanente », réalisant des centaines de représentations de son art à travers le monde entier.

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Le conte « L’arbre de la vérité » a été écrit par les élèves de la 6ème 7 de Mme Eliane Bertalmio (Collège Lou Garlaban) durant l’année scolaire 2004-2005.
 
L'arbre de la vérité.
"Il y a fort longtemps, un jeune et beau prince vivait dans un palais au milieu d’un vaste royaume, aux côtés du roi, son père, et de la reine, sa mère.
Le jeune prince était raffiné, il était toujours en bonne compagnie mais il lui manquait un frère ou une sœur à qui se confier. Sa vie n’était que fêtes car le roi et la reine choyaient leur fils unique.
Lors de ces nombreuses fêtes, on entendait des musiques d’Orient jusqu’aux confins du royaume. De belles filles aux tenues dorées dansaient au son des luths, des rebabs, des sistres et des bendirs .
Des serviteurs couraient dans les salles immenses, transportant des plats innombrables d’où émanaient des odeurs appétissantes. Dans les couloirs du palais il y avait tant de chandeliers suspendus aux murs que la nuit semblait le jour. De lourds rideaux rouge bordeaux retenus par des cordelettes d’or entouraient toutes les fenêtres. La chambre du prince était la plus belle pièce du palais. Il aimait cette vie de luxe. Ses parents étaient si gentils avec lui qu’il éprouvait une certaine gêne devant tant d’amour, et cette vie parfois l’étouffait. Il n’était pas complètement heureux. Il se sentait différent mais personne ne s’en apercevait. Comme il aimait tendrement ses parents, depuis toujours il leur cachait ce malaise.
 
Un jour de printemps, le fils du roi s’en alla seul à la chasse sur son cheval blanc, le carquois rempli de flèches. Il vit un cerf majestueux qui broutait tranquillement la mousse sur les arbres. Le prince s’approcha en essayant de faire le moins de bruit possible tout en ajustant une flèche à son arc. L’animal se retourna. Leurs regards se croisèrent : le regard froid du chasseur, et celui de la bête, plein de confiance.
Le prince abaissa son arc. Le cerf continua sa route entraînant le jeune homme au plus profond de la forêt.
Tout à coup, le prince aperçut une vieille femme vêtue de noir avec un tablier blanc. Elle regarda de droite à gauche, et, voyant qu’elle était seule, elle s’approcha d’un arbre creux, mis ses mains autour de sa bouche et se mit à parler. Le prince s’avança et reconnut la voix de sa vieille servante, sa tendre nourrice qu’il aimait tant.
- Cela fait quinze ans que j’ai ce secret sur le cœur, ce secret qui me ronge depuis si longtemps. Je vais enfin pouvoir m’en débarrasser sans que personne ne m’entende… Le fils du roi et de la reine n’est pas le fils du roi et de la reine… Le fils du roi et de la reine n’est pas le fils du roi et de la reine !
 
 
Le cœur transpercé comme par un coup d’épée, le prince laissa partir la servante. A présent il était seul, tapi dans l’ombre de la forêt . Il avait l’impression de ressentir la douleur de toutes les bêtes qu’il avait tuées. Est-ce que sa nourrice avait menti ? Elle était si vieille, peut-être disait-elle n’importe quoi… Non, ce n’était pas possible !… Elle lui avait toujours appris à être honnête, elle ne pouvait mentir .
Il comprenait enfin pourquoi certains jours il se sentait différent. Toutes ses questions avaient trouvé réponse.
Alors la tristesse l’envahit : il songea à ses véritables parents. Où étaient-ils ? Qui étaient-ils ? L’avaient-ils réellement abandonné ou bien étaient-ils à sa recherche ?
- Ils m’ont menti… mes parents, ma nourrice. Tous ! pensa-t-il avec amertume.
 
Il entra alors dans une colère abominable et sortit de son fourreau la dague qu’il avait prise pour achever le gibier. Il se mit à trancher avec violence tout ce qui se trouvait sur son passage, tout, même les fleurs, avec une telle rage que tout autour les oiseaux s’envolèrent avec des piaillements suraigus. Il planta la dague dans l’arbre creux comme pour détruire le secret.
Il enfourcha son cheval, donna un grand coup de talon dans le flanc de la bête et partit au galop sans savoir où il allait, laissant la forêt dans un terrible désarroi.
Quand, enfin, le prince arriva devant les portes du château, il fit ralentir son cheval et il le confia à un écuyer. Le jeune homme salua les dames de la cour et se retira dans sa chambre pour laisser échapper son chagrin. Toute sa vie s’était effondrée comme un château de cartes.
 
A la nuit tombée, il s’accouda à la fenêtre et jura sur les étoiles dans le ciel de retrouver ses vrais parents. Il devait savoir. Il laissa du temps s’écouler et il se rendit dans la chambre de sa vieille nourrice.
- En allant à la chasse, j’ai vu quelqu’un qui te ressemblait en train de parler dans un arbre creux. Etait-ce toi ?
A ces mots, la nourrice pâlit, trembla et parut sur le point de s’évanouir.
- Oui… c’était… moi, bégaya-t-elle.
- Est-ce vrai ce que tu as dévoilé ?
- Oui, dit-elle en éclatant en sanglots, mais… je… je ne peux rien te révéler ou… je perdrai la vie.
Le prince la prit dans ses bras, la regarda tendrement, s’assit sur son lit à côté d’elle :
- Raconte-moi mon histoire. Je t’en supplie.
Il lui demanda si elle savait qui étaient ses parents et lui promit de la protéger.
- Je vais tout te raconter, mais hélas, personne ne sait qui sont tes parents.
Il apprit ainsi qu’on l’avait trouvé devant la porte du palais. Il devait avoir environ deux ans, ses vêtements étaient sales mais d’une grande finesse.
- Essaie de me donner un autre indice, insista-t-il.
- Quand nous t’avons trouvé ,tu répétais inlassablement le même mot : « motacé »
Il songea que dès le lendemain il lui faudrait entreprendre des recherches ardues car le seul mot « motacé» était un peu mince comme indice.
 
A l’aube il s’empressa d’aller à l’église. Il chercha dans les registres des naissances, des baptêmes, des mariages, des décès. Parfois les registres étaient trop vieux, certains avaient pris l’humidité, d’autres avaient à moitié brûlé. Il avait du mal à lire les feuilles déchirées. Il ne trouva pas le mot que lui avait révélé la vieille servante.
Déçu, il demanda au bedeau de lui ouvrir le cimetière pour voir si ce nom était inscrit sur une tombe. Il gratta souvent la fine mousse sur les plaques de marbre dont des morceaux s’effritaient. Il trouva des tombes sans nom, des tombes cassées mais il ne trouva pas le mot qu’il cherchait.
Le fils du roi, désespéré de ne rien trouver, finit par rentrer au palais. Il décida alors d’aller chercher dans la bibliothèque royale. Il consulta d’abord des cartes pour savoir si ce mot correspondait à une ville, à un pays. Il chercha sur toutes les cartes, de la plus vieille à la plus récente, de la plus grande à la plus petite. Il chercha dans une encyclopédie en plusieurs volumes mais ces livres étaient tellement anciens qu’ils étaient presque illisibles. Pourtant, c’était son dernier espoir.
Dans un gros livre rouge, orné d’un symbole étrange il trouva enfin le mot qu’il cherchait à la lettre « M ».
« Motacé, lu le prince d’un ton brusque et joyeux. Nom masculin, d’origine inconnue. Arbre unique, fantastique qui double de taille lorsqu’on le coupe. On raconte qu’il a été planté par un roi fou de passion pour son jardin, qui vivait sur une île au milieu des fleurs les plus rares. Il les gardait jalousement pour lui seul. Il acheta la graine de cet arbre à fort prix à un marchand de passage et la planta. Il restait souvent à ses côtés pour voir si elle poussait. Celle-ci ne donna qu’une petite pousse rabougrie. Pensant qu’il avait été abusé par le marchand, il voulut l’arracher mais n’y parvint pas. Le roi la coupa, elle doubla de taille. Il la coupa, de nouveau elle grandit. Il la coupa encore, elle grandit de plus belle jusqu’à devenir un arbre gigantesque. Il eut l’idée de la couper par le haut. Il monta à l’arbre. « FOUUUUUUUU ! » On ne le revit plus jamais. »
 
Déçu, car il s’attendait à ce que le nom soit celui d’un homme ou d’une femme, pas d’un arbre, le prince referma le livre, les larmes aux yeux mais il savait qu’il devait se rendre sur cette île.
Comment dire à ses parents qu’il était obligé de partir ? Comment quitter le royaume sans escorte ?
Il ne devait parler à personne de sa découverte et surtout pas au roi et à la reine. Après s’être résolu à mentir à ses parents, il prit la direction de la salle du trône.
- Père, Mère, je dois partir. Je suis prince, j’ai dix-sept ans et je dois découvrir le royaume si je veux un jour régner justement, déclara le jeune homme d’un ton ferme.
Ses parents savaient qu’un jour ou l’autre leur enfant partirait. Sa mère s’inquiétait pour lui. Il lui manquait déjà. Elle lui proposa une escorte qu’il refusa immédiatement.
- Mère, j’ai dix-sept ans insista-t-il, je suis grand et je saurais me défendre. Je dois partir seul.
- Soit, si tu le veux, dit le roi dans un soupir.
- Quand pars-tu ? sanglota la reine.
- Demain à l’aube.
- Que le souffle du vent te protège, mon fils, lui dit sa mère.
Le prince sortit de la pièce en laissant la reine en pleurs.
 
Il traversa le pays tout entier.
Il parcourut toutes les contrées du royaume : les montagnes majestueuses aux sommets enneigés, les collines verdoyantes et les forêts immenses, les plus belles qu’il eut vues.
Il rencontra toutes sortes de gens : des jeunes qui portaient de drôles de chapeaux et de vieilles personnes complètement chauves. Près de chaque passant, il prononçait le mot que lui avait confié sa nourrice mais aucun ne réagissait.
Il demandait où se trouvait l’île sur laquelle poussait le motacé mais personne ne le connaissait.
Un jour, il arriva dans un port. Sur le quai, un vieux loup de mer essayait de rafistoler son rafiot. En s’approchant de lui, le prince répéta machinalement : « Motacé».
Le marin sursauta :
- Comment connais-tu cet arbre, mon petit ?
Le prince sursauta à son tour :
- Vous connaissez ce mot ?
- Pardi, mon petit ! Bien sûr que oui !… Mais toi… Comment connais-tu cet arbre et cette île ? insista le marin.
- C’est une longue histoire…
Le prince se confia au vieil homme, il lui expliqua pourquoi il devait trouver cet arbre.
- Oh ! pauvre de toi ! J’espère que tu n’iras pas sur cette île ! s’inquiéta le marin. C’est un lieu maudit !
- Mais vous, comment la connaissez-vous ? demanda le jeune homme.
- Je vais te répondre, mon petit. C’était il y a longtemps. J’étais jeune… Je naviguais tranquillement quand j’ai aperçu au loin la silhouette d’un arbre qui semblait transpercer le ciel. Plus je m’approchais, plus l’arbre me paraissait grand. Mais on ne pouvait pas accoster. L’île était entourée de récifs et d’épaves qui disaient clairement :« D’autres ont essayé avant toi, ne l’oublie pas ! ».
- Pourtant, c’est là que je dois aller, dit le prince.
- Mais tu ne comprends pas, mon petit ? C’est une île maudite ! Personne ne doit aller là-bas ! Si on a le malheur de s’approcher, une tempête se lève, avec d’énormes vagues… On dit aussi que cet arbre est maudit… Je n’ai pu échapper à cet ouragan que d’extrême justesse, mais j’y ai laissé quelques pièces de mon bateau…
- J’ai besoin de toi, dit le prince d’un ton presque suppliant. Je dois aller là-bas !
- Je vais t’aider, gamin, parce que tu as une bonne tête. Mais il me faut un bateau.
- Tu en auras un, dans les plus brefs délais. Il sera à toi, tu en seras le capitaine.
 
Leur voyage durait depuis sept jours et sept nuits quand, au loin, le prince aperçut quelque chose qui semblait toucher le ciel. Il se précipita sur le pont, prit sa longue-vue pour observer avec plus de précision. D’abord, il admira le grand arbre majestueux mais en y regardant de plus près, il distingua les récifs et les épaves tout autour de l’île.
- Ah ! Tu vois, gamin, je ne t’ai pas menti ! s’exclama le vieil homme.
Le prince rassembla son équipage et expliqua :
- Nous ne pouvons accoster avec le bateau. Le seul moyen d’accéder à l’île est de passer par le petit chenal que je viens d’apercevoir. Il me faut une barque.
- Tu n’as qu’à prendre une barque de secours, proposa le marin.
- Tu as raison, mais j’irai seul ! répondit le prince.
- Mais c’est trop dangereux ! Tu pourrais y laisser ta vie !
- Je dois y aller que tu le veuilles ou non.
 
Le prince partit en laissant tout son équipage à bord du bateau.
Tout à coup, l’eau s’agita et devint plus lumineuse. Le prince, méfiant ralentit la cadence de ses rames. Soudain, d’énormes vagues arrivèrent droit sur lui… Un requin comme il n’en avait jamais vu lui barrait la route ! Il était couvert d’or, de diamants et d’argent. La mer brillait comme si le soleil était sous les eaux. À chaque coup de queue, le requin soulevait d’énormes masses d’eau. Le prince eut l’intuition qu’il fallait donner ses richesses à ce gardien des eaux. Sans réfléchir, il se débarrassa de sa couronne, de ses bagues, de ses colliers et de son épée d’argent. Le requin les attrapa, s’enfuit et les eaux retrouvèrent leur calme.
Le jeune homme se dit que le vieux marin ne lui avait pas parlé du requin sans doute parce qu’il ne portait pas d’or.
 
Après que le requin eut disparu en laissant la mer aussi calme qu’un lac, le prince puisa dans le peu de forces qui lui restaient pour gagner la côte. Il accosta avec quelques difficultés et se laissa tomber sur le sable. Un caillou pointu qui lui rentrait dans le dos le fit se relever. Il était exténué mais ne détachait pas son regard de l’arbre. Il eut la sensation étrange d’avoir déjà vu ce paysage : ce ciel assombri, ce sable fin et cet arbre qu’il avait tant cherché.
C’était un arbre gigantesque. Il semblait qu’il ne perdait jamais ses feuilles. Lorsque le vent s’y engouffrait, un sifflement crispant en ressortait. Aucun oiseau, aucune bête ne l’habitait. Sous cet arbre, le sol était froid. Son ombre se répandait sur l’île. L’angoisse envahit le prince. Il lui sembla que l’arbre était le maître de l’île.
Il poussait dans un jardin abandonné au milieu d’un palais en ruines où se trouvaient plusieurs fontaines délabrées envahies par le lierre. L’une d’elles coulait encore dans une vasque. Le prince se pencha au-dessus d’elle. L’eau claire refléta son image.
Soudain une émotion le submergea.
Dans l’eau, il se vit, mais plus âgé et portant une couronne différente de la sienne, déambulant au milieu d’un jardin comme il n’en avait jamais vu. Ce roi à qui il ressemblait refusait que quiconque rentre dans son jardin ; même sa femme, même son fils âgé de deux ans. Il était beau cet enfant qu’il délaissait mais son seul amour, c’était son jardin. Le prince vit le roi planter avec beaucoup de soins une graine, mais seule une petite plante rabougrie poussa. De rage, le roi la trancha avec son épée d’or. Elle doubla de taille. Il la trancha encore et encore. Elle grandit jusqu’à devenir un arbre gigantesque qui cachait le soleil. Aussi toutes les fleurs du jardin extraordinaire se fanèrent, toutes les plantes privées de soleil moururent. Alors, le roi, qui ressemblait tant au prince, grimpa à l’arbre avec son épée d’or pour le détruire par le sommet.
Le prince reconnut la légende qu’il avait lue dans l’encyclopédie de la bibliothèque du palais.
 
Après la disparition du roi-jardinier, le chaos s’installa sur l’île : monarques, princes, seigneurs et marquis arrivèrent de tous les pays voisins en voiliers, galions, vaisseaux et toutes sortes d’embarcations, chargés de présents pour la reine qu’ils souhaitaient épouser. Tous voulaient le pouvoir et cela se termina par une effroyable bataille où la plupart moururent décapités, empalés, poignardés ou lapidés. Ceux qui réussirent à s’échapper furent dévorés par un requin qui s’empara de leurs trésors.
Ceux qui avaient cherché le pouvoir et la richesse n’avaient trouvé que la mort.
 Le prince reconnut ensuite le requin qu’il avait rencontré. Le cœur battant, il vit la femme du roi-jardinier qui embarquait avec son fils une nuit en cachette. Elle avançait seule avec son enfant sur la mer aussi noire que de l’encre. Il la vit ensuite aborder un rivage et marcher jusqu’à la porte d’un palais où elle déposa l’enfant en le couvrant de baisers.
 
Il leva la tête. Des larmes couvraient ses joues. Il comprit que cet enfant c’était lui, que cette reine désespérée était sa mère, que ce roi égoïste était son père.
Il fut saisi de la même rage que celle qui l’avait submergé dans la forêt. Il buta contre un objet sur le sol : c’était une épée d’or !
Il la ramassa, frappa de toutes ses forces contre l’arbre qui disparut en poussière… et un jardin merveilleux surgit de cette poussière."
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