Le dispositif Aubagne Ville Lecture dispense ou suscite de nombreuses formations, autour du livre et de la littérature jeunesse particulièrement.

C'est dans le cadre du "projet Petite Enfance" mis en place depuis Février 1994, sur le modèle des actions entreprises par l’association A.C.C.E.S., que cette formation s'est tenue, réunissant des acteurs de la petite enfance sur la ville d'Aubagne. 

L'association A.C.C.E.S (Actions culturelles contre les exclusions et les ségrégations) http://www.acces-lirabebe.fr/fondateurs.htm *, inspiratrice de ces projets, a aujourd’hui dix-huit ans. Les premiers contacts entre les membres fondateurs ont eu lieu devant les problèmes posés par les enfants et les familles en difficultés avec l’écrit. Ce sont des psychiatres des services d’enfants et d’adolescents, Tony Laine, René Diatkine, Marie Bonnafe, qui sont à l’origine du projet : développer des actions culturelles avec les livres pour les bébés et leur environnement proche en privilégiant les milieux non lecteurs.

*Voir aussi, le colloque des 20 ans d'A.C.C.E.S. : http://www.freinet.org/icem/ca/relex/02-10/acces.htm

René Diatkine, A.C.C.E.S.

Compte-rendu du stage:

Mercredi 8 février – 13 h 30 à 16 h
                  Nathalie SARRABAYROUSE et Marilyne N’GUYEN ont présenté les albums

Pourquoi des livres pour les tout-petits ?
Lire avant trois ans, voilà qui peut paraître anachronique. Trop souvent l’on oppose l’univers de l’écrit à celui de l’image. Or, la lecture de l’image ne nuit pas à la lecture du texte mais au contraire la prépare et la favorise. Tel est le rôle de l’album.
Très tôt, l’album mis entre les mains de l’enfant, lui permet de s’approprier l’objet-livre, avant de s’approprier l’histoire que raconte le livre.
L’album permet à l’enfant de découvrir le monde qui l’entoure mais aussi l’univers intérieur, celui du rêve, des sentiments, de l’humour.

Définition de l’album
Un album est un livre où l’illustration est prépondérante, le texte pouvant être totalement absent. Il peut avoir toutes sortes de formats, tailles, styles et illustrations.

Historique
-1658 : un pédagogue tchèque, Comenius, souligne déjà l’importance de l’image dans le livre pour enfants.
-19ème siècle : l’utilisation d’un dessin rudimentaire a pour but d’impressionner les jeunes lecteurs : la caricature permet de réprimer les mauvais penchants naturels de l’enfant. L’illustration est l’image-miroir.
-Début du 20ème siècle : apparition de l’anthropomorphisme, naissance de Babar (Jean de Brunhoff) et des personnages de Walt Disney.
-1930 : grand essor du livre pour les enfants avec les albums du Père Castor de Paul Faucher.
-1960 : l’album exprime les pulsions profondes et les désirs fantasmatiques de l’enfant (Maurice Sendak, Tomi Ungerer). Puis l’illustration devient autonome et des écoles nouvelles apparaissent.
-          Actuellement : la taille et la forme du champ visuel produisent un effet de sens.

Travail sous forme d’ateliers :
 
Objectif : Faire participer activement les stagiaires et les amener à définir elles-mêmes les thèmes des ouvrages à leur disposition :
 
Nous proposons aux stagiaires de se grouper par 4 afin de former les groupes qui travailleront chacun sur un lot de livres différents.
 
Nous distribuons à chacun des groupes un lot de 10 livres qui seront à classer selon les catégories proposées : éveil, imaginaire, univers familier. Cela permettra à chacune de se familiariser avec les thèmes récurrents dans les albums pour la petite enfance :
-          Que trouve-t-on dans l’album analysé ? Comporte-t-il uniquement des illustrations, peut-il être proposé aux enfants pour les familiariser avec les lettres, les couleurs, les chiffres, Evoque-t-il des moments du quotidien des bébés, de leur entourage ? Raconte-t-il une histoire ? Evoque-il des sentiments tels que la peur ou l’exaltation ? Fait-il appel à l’imaginaire de l’enfant ?...
 
Tenter de répondre à ces questions facilite la connaissance de l’album et donne un éclairage sur les intentions des auteurs.
 
La présence d’un livre intrus (livre en tissu, documentaire, album non adapté à l’âge des enfants) aura ou non été repérée par les stagiaires.
 
 Enfin nous avons procédé à la synthèse de ce travail en reprenant les différents groupes et thèmes. Il semble que la proposition de classer des livres dans des catégories ait gêné les stagiaires. Cependant cela a provoqué interrogations, discussions et échanges. La manipulation des livres dans un but précis (les classer) a permis à chacune de s’approprier les albums et de prendre du recul par rapport à une première réaction.
 
 
En fin d’après–midi Nathalie et Marilyne ont présenté :
 
- La Grande question – Wolf ERLBRUCH – Etre
- Bonjour Bébé – Elisabeth BRAMI – Seuil
- Léo – Robert KRAUS – Ecole des Loisirs
- Hiroshi creuse un trou – T. SCHUNTARO – Picquier
- Moi, j’attends… - Davide CALI – Sarbacane

Se poser quelques questions et apporter des réponses
-          Un jeune enfant ne déchirera-t-il pas les pages du livre ?
-          Que penser des livres qui font peur ?
-          Doit-on lire les mots difficiles ?
-          Le rituel du livre au coucher est-il nécessaire ?
-          Que penser des livres en bois, en plastique… ?
-          Comment savoir si l’enfant a bien compris l’histoire lue ?
-          Peut-on lire des histoires où la mort est évoquée ?
-          En quoi la lecture peut-elle aider à l’acquisition du langage ?
-          Que penser des méthodes de lecture précoce ?

Conclusion
De la même manière que l’on parle à un bébé alors qu’il ne parle pas, il faut lui raconter des histoires même s’il ne sait pas lire. Profitons du goût qu’éprouve tout enfant jusqu’à cinq ans, pour lui proposer des livres. N’hésitons pas à lui faire connaître une importante variété d’albums dès son plus jeune âge : le livre fait son chemin en lui.


Jeudi 9 février – 9 h à 12 h
Liliane REBILLARD, coordinatrice Aubagne Ville-Lecture : pourquoi raconter des livres aux tout-petits

Dans notre civilisation, les enfants sont dès leur naissance entourés de la langue écrite sous toutes ses formes... pas seulement d’écrits utilitaires indiquant le contenu des bouteilles et des boîtes, mais aussi de livres et de journaux. Ce qui différencie les enfants c’est plutôt l’usage des textes écrits que font les adultes autour d’eux. Chez les uns la lecture des livres et des journaux est une activité importante à laquelle le bébé est confronté dès qu’il regarde autour de lui... dans d’autres familles, il n’y a ni livres, ni journaux, ni le temps de la lecture. Et les parents qui ne lisent pas sont souvent ceux qui n’ont pas le temps (ou ne peuvent pas) dialoguer avec leurs enfants. Chez eux le langage reste très proche du quotidien et l’écrit vide de sens, donc porteur d’angoisse. Ce sont souvent des parents qui ont fait une mauvaise expérience avec les livres dans leur enfance... cette mauvaise expérience va peser sur les premières années de la vie de l’enfant mais aussi quand il arrivera à l’âge de la scolarité : les parents désireront que leur enfant lise en ne considérant cet exercice que sous l’angle de la nécessité et de l’effort. Or, on sait bien maintenant qu’apprendre à lire et à écrire implique un temps préalable de jeu avec les histoires et les livres.

Mais il ne s’agit pas seulement en racontant des histoires aux petits, de prévenir des difficultés spécifiques avec l’écrit, mais plus largement de mieux étayer le développement de l’enfant.

Dès les premières années de l’enfant, l’importance des activités ludiques partagées avec les personnes qui l’entourent est bien connue... contrairement aux idées reçues l’écrit et le livre y ont très tôt leur place.
Des enfants de moins de dix mois sont captivés par des albums qu’ils manipulent et réagissent à leur façon quand on leur raconte de courtes histoires.

Mais l’importance et l’intérêt de l’écrit est primordial au moment où se constitue le langage oral entre dix et trente mois. C’est une période d’intense conquête intellectuelle pour l’enfant... à partir des premiers mots « Non » « Moi » « Papa » « Maman » qui sont véritablement signifiants pour l’enfant, s’élabore le langage et se forme la pensée.
C’est pourquoi la langue du récit, de l’histoire racontée joue un rôle primordial.
 
En effet, deux types de langage :
 
- le langage factuel, celui du quotidien... qui est un commentaire continu, sans début ni fin, que chacun utilise pour accompagner les gestes de la vie... c’est un langage répétitif avec souvent des phrases incomplètes qui n’ont un sens que dans une situation concrète.
          
- le langage du récit n’accompagne pas les événements, mais il les relate à distance, avec le pouvoir de bouleverser leur déroulement. Le début fait attendre la fin et entre les deux, se déroulent les séquences du récit (images ou textes)... que l’on peut re-dire re-raconter (les enfants aiment particulièrement écouter plusieurs fois les mêmes histoires et sont très exigeants quant à la répétition des termes).
 
La langue du récit fait entrer dans un monde magique et va permettre à l’enfant la constitution d’un espace psychique intérieur pour l’imaginaire. La constitution de cet espace est fondamental pour le développement de l’enfant : là s’exerce sa capacité à jouer en lui-même avec les situations et les personnes qui l’entourent, et sa capacité à jouer seul dans sa pensée. Il peut ainsi acquérir une liberté suffisante pour mieux se dégager de ses conflits intérieurs.
 
Très tôt, l’enfant peut jouer avec cette forme de la langue qui l’enchante... Il joue avec les refrains, les comptines, les historiettes... le rythme, la mélodie.
L’enfant entre six mois et un an prend conscience que l’image est la représentation d’un objet… Il caressera l’image du chat. Puis, très vite, l’enfant remarque que le regard de la conteuse se pose sur les caractères écrits et il fait la relation entre les signes et l’histoire racontée. Tous les bébés ont cette curiosité pour la langue écrite, la langue du récit ; quel que soit leur milieu, leur capacité à s’intéresser à tout ce que véhiculent les textes écrits est étonnante : c’est une activité mystérieuse qu’ils cherchent rapidement à comprendre.

Un peu plus tard, l’enfant fera ses propres hypothèses sur le titre, sur les noms longs ou courts. Quand l’enfant a dix-huit mois et qu’il commence à parler, l’adulte a tendance à réduire son langage aux mots que l’enfant connaît… « réduire le langage peut provoquer des retards de langage ».
 
C’est pourquoi les temps de lecture avec les tout-petits sont essentiels, mais l’enfant doit pouvoir choisir d’écouter ou non... le livre doit être là et l’adulte raconter sans obligation d’écoute ou de silence... l’attention du jeune enfant est dans le même temps intense et fugace : s’il découvre la continuité du fil du récit et en tire de grandes joies, il est rare qu’il s’installe et manifeste son écoute par un silence attentif... mais l’on peut continuer à raconter pendant que les enfants manipulent d’autres albums, les portent à la bouche, les feuillettent, les retournent tout en étant aux aguets de l’histoire racontée.

Dans notre civilisation le véhicule concret de la langue du récit, ce sont les livres.

Pourtant le récit peut être aussi oral, c’est la langue par excellence des comptines et berceuses, des randonnées, des contes traditionnels et il est très important d’en conter… Ou d’en lire.

Les comptines, les berceuses…
« Langue, musique et poésie cheminent de conserve ».

Dans toutes les cultures on met très tôt à disposition des enfants des textes littéraires en commençant par des comptines, des berceuses…
Elles rythment la journée de l’enfant, l’accompagnent dans ses découvertes essentielles… son corps, son environnement. Nombreuses sont celles qui fonctionnent sur le non-sens, sur l’imaginaire. Toutes ont à voir avec la poésie.
« C’est la 1ère grammaire qui l’on apprend dans toutes les civilisations du monde, c’est la prosodie, la musique de la langue ».
Evelio Cabrejo-Para, psycho-linguiste.

Les randonnées
Les répétitions cumulatives et les ritournelles offrent une expérimentation méthodique et ludique de l’environnement et du langage.
L’enfant attend avec gourmandise l’instant où l’accumulation va s’arrêter et la chaîne se dérouler dans l’autre sens.
A la fin l’ordre est rétabli et on a participé à l’aventure.
Jeu de mémoire et de langage.
 
« La Promenade de Monsieur Gumpy » - John Burningham (Flammarion) : livre remarquablement rythmé par la mise en page, progression en randonnée puis chute.
La finesse du trait et la transparence des aquarelles concourent à donner à cet album l’impression de convivialité que suggère l’histoire.

A chaque double page, un nouvel animal sur la page de droite demande à Monsieur Gumpy de monter dans la barque, chacun va recevoir une recommandation de prudence.
Les enfants lecteurs imaginent et anticipent le plaisir des conséquences d’une conduite turbulente.
 
Exemple de randonnées :
-          La chasse à l’ours – Martin Waddell (Ecole des Loisirs)
-          Roule Galette – Natha Caputo, Pierre Belvès (Flammarion Père-Castor)

Les contes traditionnels
Réservoir d’expériences humaines.
 
Le conte est un récit généralement court bien construit avec un début et une fin et qui comporte des séquences bien articulées avec le contenu général.
Il raconte les aventures d’un personnage, d’un héros. C’est un récit à la troisième personne, objectif, sans effusion lyrique. Son temps est celui du passé (imparfait et passé simple).
Il n’est situé ni dans le temps, ni dans l’espace de la réalité quotidienne… et à partir d’un fait simple, terre à terre le conte nous entraîne dans des aventures merveilleuses où nous rencontrons des personnages fabuleux, où intervient la magie, pour nous ramener à la fin à une réalité tout quotidienne.
La fin du conte est une fin heureuse, le triomphe du héros.
 
Comment fonctionne le conte ?
 
Il a un début, une situation initiale de manque
                   une fin, une situation finale de négation de ce manque
entre les deux, le récit avance grâce à un acte d’un héros, d’un personnage.
 
Les personnages indispensables au déroulement du récit dont ils sont les actants se divisent en héros et anti-héros.
Ils sont réduits à une fonction sociale ou psychologique : le roi, la reine, le pauvre, le riche, le bon, le méchant.
Leurs portraits tiennent en une ou deux lignes.
 
De quoi parle le conte ?
 
Il a l’homme comme recherche. Il nous parle des évènements importants de la vie, la naissance, la mort, la logique du grandir.
Le héros quitte sa mère qui ne peut plus le nourrir et à la fin du conte il a acquis un statut social, il se transforme, subit des épreuves, affirme son identité.
Cette logique du grandir n’est pas dite mais montrée dans des images qui s’adressent directement à notre inconscient.
 
Pourquoi raconter des contes aux enfants ?
 
Parce que l’enfant perçoit bien le sens de cette logique du grandir. Les contes parlent des difficultés de la vie, il y est souvent question de vie, de mort, d’abandon, de jalousie, de ruse, d’amour.
« Tout cela fait partie de la construction du sujet, personne ne peut y échapper, de tels mouvements sont inscrits dans le livre psychique du chacun »
Evelio Cabrejo Para
 
Les contes aident l’enfant « à mettre en scène » les conflits intérieurs qu’il doit résoudre. Ils offrent à l’enfant une image de lui complexe, et le questionnent sur son identité, son rapport au monde.
La simplification des contes, les personnages réduits à une fonction correspond aux besoins de l’enfant qui vit toutes les situations à l’extrême. Ce monde clarifié l’aide à éclaircir ses sentiments contradictoires (en particulier à l’égard de sa mère).
 
Les contes qui intéressent le plus le jeune enfant sont ceux où l’on joue avec la perte parce qu’en même temps on sait que cela se terminera bien.
La peur du loup ou de l’ours, c’est la représentation de tout ce qui va être menaçant dans le vaste monde.
Apprendre à l’enfant à bien maîtriser ses peurs, ses émotions, c’est en fait le protéger.
 
Quels contes pour les plus petits ?
Dès 2 ans 1/2-3 ans, on peut raconter Les Trois Petits Cochons, Boucle d’Or, Le Petit Chaperon Rouge, Le Petit Poucet. Cela dépend du temps d’écoute de l’enfant.
Avant 3 ans, on peut raconter, lire des randonnées où des phrases rituelles ponctuent le récit. Exemple : La Petite Poule Rousse et ses Trois Amis, La Chasse à l’Ours, Le Ver Dodu, Roule Galette; La promenade de Monsieur Gumpy, jeux de mots, jeux de rimes qui réjouissent toujours les petits et les grands.
 
Attention aux vraies versions des contes :
-          Les trois petits cochons (un seul cochon reste en vie !)
-          Boucle d’Or (elle s’en va, nul ne sait où...)


Jeudi 9 février – 13 h 30 à 15 h 30
Laetitia Espanet, orthophoniste : Les clés du langage, bases et étapes charnières

La communication, un cadeau à offrir.
L’après-midi a débuté avec le visionnage du film « les clés du langage » qui montre des parents en interaction avec leur enfant, du nourrisson au jeune enfant de 3 ans.
Nous avons ensuite développé les étapes charnières sur les versants compréhensif et expressif aux différents âges (en précisant que la compréhension précède toujours l’expression) :
-          de 0 à 12 mois, le pré-langage, durant lequel le langage possède deux dimensions, l’une exploratrice et ludique, pour jouer avec les sons et les possibilités vocales, et l’autre sociale avec très tôt, un échange avec l’entourage
-          de 1 an à 2 ans, le petit langage, marqué par l’apparition du mot-phrase, suivi de la juxtaposition de deux mots, et un pic de la compréhension
-          de 2 ans à 6 ans, le langage constitué, où peu à peu la gestuelle laisse place à l’expression, à un rythme variable selon les individus et de façon très liée aux autres aspects du développement

Nous avons différencié les différents langages rencontrés chez le tout-petit :
-         corporel en premier, avec le corps, les gestes, les mimiques
-         oral, avec le jasis, le babil, puis les premiers mots, même déformés, dès 1 an, suivis du mot-phrase, puis de la juxtaposition de deux mots et ensuite de l’embryon de phrase

Nous avons évoqué le rôle essentiel de l’environnement linguistique familial, et le comportement verbal de l’adulte face à l’enfant, comportant le « parler nourrice » ou « baby talk », spontané, universel et récréatif, et des stratégies positives ou négatives.

Les qualités perceptives (visuelles, auditives), la capacité d’imitation et les acquisitions motrices de l’enfant ont été décrites car elles sont nécessaires au développement du langage.

Nous avons évoqué ensuite les troubles que l’on peut rencontrer ou suspecter chez le tout-petit :
-          la surdité qui peut être sévère (détection le plus tôt possible et prise en charge multidisciplinaire) ou légère et passagère, avec les otites séro-muqueuses dont il faut se méfier car elles passent souvent inaperçues et provoquent des pertes auditives jusqu’à 40 dBs pouvant entraîner des retards de langage importants
-          le trouble articulaire isolé (mauvaise position des organes phonateurs et/ou non-maîtrise du souffle), qui n’est pas pathologique avant 5 ans environ
-          le retard de parole caractérisé par des mots déformés et simplifiés, mais dans des phrases
-          le retard de langage, souvent associé au précédent, se compose d’un vocabulaire pauvre et imprécis, et d’une syntaxe minimale, voire inexistante (phrases mal construites)
-          le bégaiement, plutôt appelé le bégayage, pour le différencier de la véritable pathologie dont souffrent des milliers d’enfants ou d’adultes, peut parfois être une étape du développement du langage pour certains. Dans ce cas, les trois attitudes à éviter absolument pour que le trouble ne s’installe pas, sont :
-           la fausse indifférence
-           les reproches, moqueries, vexations et comparaisons
-           les conseils du type « calme-toi, respire, prends ton temps ! »
-          l’autisme, qui se caractérise par une déviance de la communication avec autrui, peut être repéré très jeune, et nécessite un diagnostic différenciel précis, souvent difficile, et une prise en charge pluridisciplinaire de la famille
-          le bilinguisme, souvent associé à tort à des troubles du langage, se révèle en fait être généralement un atout pour le jeune enfant, mais avec des règles assez précises. En principe, une langue doit avoir son « adulte référent », mais chaque situation est différente selon le contexte social, familial, affectif

Quand on suspecte un trouble chez un enfant, il va falloir en discuter avec ses parents et nous avons évoqué ensemble la préparation d’une telle discussion.
Les conseils et les attitudes favorables à un développement harmonieux du langage se regroupent pour tous, enfants « à risque » ou non, autour de ces quelques mots-clés qui ont émergé à l’issue de l’intervention :
-          le bain de langage riche et varié, l’écoute, les échanges, l’attention conjointe autour d’albums de qualité, ce qui introduit l’écoute du langage écrit, avec notamment la musique des mots et la richesse visuelle d’illustrations diversifiées
-          plus précisément, ne pas demande de répéter (cerveau en rouleau de papier et mots en morceaux d’éponge !), utiliser le « je », toujours chercher à comprendre son message, être à sa hauteur et le regarder pendant les échanges, nommer et décrire ce qu’on fait, ce qu’il fait, lui laisser du temps pour répondre ou amorcer une conversation, poser des questions ouvertes (« Mmm ! Qu’est ce que c’est ? et non « c’est un café ? »), ou à choix multiples (« Tu m’as préparé un thé ou un café ? »), ajouter des informations au contenu exprimé par l’enfant, répéter son message en le rectifiant sur le plan grammatical ou lexical sans exiger qu’il répète.
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