Corinne Lovera Vitali
“J’aime les romanciers américains car ils sont éclectiques et indépendants, ils font une littérature populaire, pas intello, pas intimidante”
Proposition : Corinne Lovera-Vitali propose d’introduire la rencontre par une lecture du début de son roman « Lise ». Elle apportera les textes des chansons citées dans « Lise ».
Puis elle répondra aux questions des jeunes. Si la lecture de « Lise » a suscité dans les classes des écrits ou des images, apportez-les !. Corinne sera heureuse d’en parler avec vous.
Corinne Lovera-Vitali écrit à l’intuition, avec des phrases aux trajectoires inattendues, aux rythmes loufoques, des phrases prises d’une irrésistible boiterie mais qui retombent toujours sur leurs pattes. Quinze années passées comme correctrice professionnelle lui ont sans doute servi à aiguiser sa propre langue. Mais sans jamais la châtier, en en laissant saillir toutes les aspérités. C’est par cette langue, qui penche vers les tonalités du polar, qu’on se laisse notamment embarquer par les péripéties foutraques et les pensées zigzagantes de “Nitti”, la narratrice de son premier roman (publié par Gallimard).
Auteur d’albums pour les enfants, Corinne Lovera Vitali anime aussi des ateliers d’écriture avec des enfants, surtout des tout-petits. Cela doit lui rappeler sa découverte éblouie du mystérieux pouvoir des mots, lorsque tout enfant, elle composait des billets avec des papiers découpés, pour les glisser sous la porte de la chambre de ses parents.
(Source : Site de l’académie de Grenoble).
Bibliographie non exhaustive
-2005 –Lise - Thierry Magnier
Lise, 16 ans, est hospitalisée quelques jours à la suite d’une fracture de la jambe. Cette immobilisation va déclencher un irrépressible besoin de faire le point sur sa vie. Ainsi tout au long de 11 petits chapitres, le lecteur est témoin de l’introspection attentive de Lise. Et si les mots s’enchaînent les uns aux autres c’est pour aider Lise à accepter de faire le deuil de sa mère renversée par une voiture 5 ans plus tôt. Elle laisse venir à elle une profusion de mots qu’elle compare à des « insectes qui volent dans sa tête à son secours ». Alors elle fouille dans son cerveau qui ressemble à un « bazar » d’où surgissent ses souvenirs, ses peurs, ses espoirs.
Elle apprend aussi à comprendre les gens qui l’entourent : son père qui ne parvient pas à exprimer ses sentiments, Rose, sa belle-mère, douce et présente, son petit frère Joël sur qui la vie semble glisser ou encore ses relations énigmatiques avec son amie Katia. En parcourant la mémoire de l’ordinateur de sa mère elle découvre des photos, des écrits, de la musique et se souvient de la complicité qui l’unissait à Thérèse.
Pour vaincre ses lancinants démons, pour remonter « la pente », elle sait maintenant qu’il faut dire, qu’il faut parler, « je me suis aperçue que l’angoisse aime beaucoup quand je ne sais pas nommer les choses elle peut prendre toute la place du vide que je lui laisse ».
Le lecteur devine que Lise ne joue pas sa vie à pile ou face parce que Lise est à la recherche du vrai. Ce cheminement lui apprend à décider, à savoir au plus juste ce qu’elle aime, ce qu’elle n’aime pas dans les relations. Et elle le dit Lise avec des mots qu’elle triture pour qu’ils viennent à son secours pour apprendre à vivre sans sa mère et à vivre avec les autres. Pour apprendre tout simplement à être Lise.
Le lecteur est entraîné dans ce monologue intérieur dont la force est rendue par de longues phrases dénuées de ponctuation donnant ainsi un rythme fluide et rapide. Une lecture émouvante sous la plume bienveillante de Corinne Lovera Vitali.
2004 – Nouvelle vie - Gallimard
Corinne Lovera Vitali signe un véritable ode à l’amour, dans ce récit étrange, mi roman mi poème, évoquant la passion tendre de ses grands-parents italiens, antifascistes et amoureux : Rosanna et Vasco.
«J’ai eu corrigé officiellement le français officiel, écrit-elle, j’ai eu introduit de la correction dans les incorrections françaises, contre paiement j’ai dû rendre parfaites ces prétendues imperfections grâce à ma prétendue maîtrise de la parfaite langue française mais c’est terminé. Désormais, je fais du français une langue étrangère» (p.27). Pour dire l’amour, elle sort donc la langue de ses gonds, sacrifie la grammaire pour parler de la grand-mère, la nonna aux seins chavirants, où vient échouer amoureusement l’amant/Nonno Vasco, explorateur de cette perfection. Il ressort de ce pied de nez à la syntaxe, de ce gentil mépris de la ponctuation, une force véritablement poétique, et amoureuse donc…
Il n’y a pas d’histoire à proprement parler ; simplement deux portraits noués ensemble, amourachés sous la plume de la descendante. On comprend que cet amour sur piédestal reflète aussi une frustration chez l’écrivain, l’exutoire à un malaise, une certaine tristesse… Un reflet de beauté supplémentaire en somme. S’y ajoute le sens de la sensualité, admirablement servi également par ces mots débridés : l’amour est sexuel, sensuel, chaud et terrestre, les corps servant de seuil à une entente plus métaphysique. «La boue lui plaît, avaler la terre par poignées lui plaît, et retrouver à chaque nouvelle bouchée le même plaisir du même parfum qui s’installera à jamais dans ses papilles de fils de girafe pourtant tortue» (p.47), écrit-elle ailleurs à propos de Vasco bébé. Alors, ce bel hommage à un amour comme on n’y croit presque plus, celui qui dure et conserve de sa vigueur enfantine, est aussi un hommage à la terre, à la famille, à l’enracinement…
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Thierry Magnier

Proposition : Rencontre avec les élèves, en compagnie de l’auteur Jeanne Benameur, autour de la relation Auteur / Editeur.
Après avoir été enseignant en lycée professionnel, libraire, chargé de communication pour plusieurs groupements de libraires, puis journaliste littéraire au sein de la rédaction du journal « Page » (il lancera notamment « Petit page », consacré exclusivement à la littérature de jeunesse), Thierry Magnier travaille pour l’édition. Chez Gallimard, il est rédacteur en chef de la revue « Lire et savoir » puis s’occupe plus particulièrement de la promotion des parutions de cette maison d’édition auprès des écoles.
En 1998, il crée sa propre maison d’édition qui porte son nom et s’emploie à faire connaître une littérature exigeante et de qualité pour la jeunesse. Sa grande connaissance de ce milieu l’amène également à intervenir dans des formations spécialisées et à se rendre à la rencontre du public. Il milite pour la reconnaissance de la littérature pour la jeunesse, pour son importance et sa singularité mais aussi pour la faire reconnaître en tant que littérature à part entière.
Depuis 1997, il a écrit des romans et albums jeunesse pour sa propre maison d’édition mais également chez Milan et Albin Michel.
Privilégiant l’indépendance de sa maison pour la diffusion et la distribution de ses ouvrages, il enrichit en quelques années son catalogue de plusieurs centaines de titres, unanimement reconnus pour leur qualité de fond et de forme.
Editeur d’albums pour la jeunesse essentiellement, il diversifie rapidement l’offre de sa maison d’édition en intégrant notamment de nouveaux supports audio et vidéos et en publiant des romans pour adolescents qui constituent aujourd’hui la majorité des titres qu’il publie. Avec « La joie par les livres », il s’emploie depuis peu à faire connaître ou redécouvrir des romans importants de l’histoire de la littérature jeunesse qui n’étaient plus disponibles en librairie.
En 2005, Thierry Magnier et son diffuseur Harmonia Mundi cèdent à Actes Sud leurs parts de capital des éditions Thierry Magnier, spécialisées dans la littérature de jeunesse. L'accord permet à Thierry Magnier d'entrer chez Actes Sud à la fois comme associé minoritaire et comme éditeur puisqu'il a en charge la direction de son catalogue et celui de Actes Sud Junior.
Les auteurs et illustrateurs vedettes des Editions Thierry Magnier:
May Angeli - Jeanne Benameur - Yves Besnier - Olivier Besson - Elisabeth Brami - Anne Brouillard - Claude Cachin - Jean-François Chabas - Sylvie Chausse - Katy Couprie - Stéphane Daniel - Patrice Favaro - Claire Franek - Martin Jarrie - Gwen Le Gac - Antonin Louchard - Catherine Louis - Charlotte Mollet - Muzo - Nathalie Novi - Sara.
[Voir aussi : « Les éditions Thierry Magnier, une maison originale : l'exemple des romans ».
Par Géraldine Doité (Master S.I.D, 2003)
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Sandrine Mini et
Chantal Gerbaud

Rencontre avec Sandrine MINI (directrice des Editions Syros) et Chantal Gerbaud, auteur, autour du livre « Irène Hajos, une survivante – Témoignage d’une juive hongroise » et du travail de mémoire (Publication à venir dans la nouvelle collection « Les documents Syros »).
Chantal Gerbaud est née en 1949. elle commence par enseigner l’Histoire et la Géographie à Reims. En 1990, elle devient chef d’établissement et occupe successivement des postes de proviseur-adjoint à Louviers puis à Corbeil-Essonnes. Depuis 1998, elle est principale de collège, actuellement à Meudon (Hauts-de-Seine). Sa rencontre avec Irène Hajos la persuade de garder le souvenir de son témoignage pour les générations futures.
A propos du livre :
Ce témoignage poignant sans jamais être traumatisant, permet à de jeunes lecteurs de comprendre, d’un point de vue humain, ce qu’a pu représenter la déportation. Irène Hajos évoque en effet non seulement son long séjour à Auschwitz, mais également toute la période qui a suivi et qui est marquée par une lente « reconstruction » de sa personnalité. De ce point de vue, il s’agit bien d’un témoignage unique, car n’omettant pas de parler des problèmes qui suivent la libération et notamment du retour à une « vie normale ». Période cruciale de la vie des déportés, dont les enjeux sont ici mis en relief.
Chantal Gerbaud a collecté pendant cinq ans le témoignage d’Irène, rescapée d’Auschwitz, qu’elle nous restitue en quatre parties : avant, pendant, après, aujourd’hui.
Irène est née en Hongrie en 1922, elle vit une enfance heureuse dans la petite ville de Nagykanitsa, puis elle part à Budapest pour travailler dans la haute couture. Elle ne se soucie pas de politique et sa famille n’est pas pratiquante. En 1944, à 22 ans, elle est déportée en Pologne, à Auschwitz, survit au travail forcé, à la « marche de la mort »…
Dès 1946, elle réussit à émigrer de Hongrie en France. Pendant 50 ans, elle garde le silence, puis une rencontre imprévue fait basculer sa vie : elle commence alors à témoigner dans les lycées et collèges, et accompagne des voyages d’études à Auschwitz.
Chantal Gerbaud, telle une réalisatrice de films documentaires, s’efface et laisse entendre la voix d’Irène. La très large part donnée à « l’après camps » fait toute l’originalité et l’intérêt de ce témoignage. Nous découvrons ainsi comment s’organise concrètement la libération : le retour d’Irène en Hongrie dans le même train que les S.S. hongrois, l’accueil froid de la famille lointaine qu’elle retrouve… Pendant 50 ans, Irène taira ce qu’elle a vécu, y compris à ses enfants et à son mari. Un jour, elle prend conscience de l’importance du témoignage et de la rencontre avec les jeunes. Elle nous parle alors de la place, du rôle de témoin, de la difficulté à dire les choses, et de la difficulté, pour ceux qui n’ont pas connu les camps, à les « entendre ».
Le dossier éclaire son récit et permet de le « contextualiser », de le mettre en perspective, sans avoir à rechercher toutes les clés dans de nombreux livres.
« Irène, une survivante », représente un document unique de travail et de réflexion.
Dans la même collection :
Marcos, sous le passe-montagne : discours du sous-commandant Marcos - Escarpit, Françoise - Syros jeunesse « Les documents Syros » - 2006
Présentation de la personnalité du leader zapatiste mexicain Marcos, suivie d'une partie de ses discours et d'une analyse du mouvement révolutionnaire EZLN.
Irène Hajos, la Hongrie et la triste musique des camps (vidéo en ligne) – Site du quotidien « Le Monde » :
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Thierry Murat
« L'image schématique, proche du logo m'a toujours attiré et fasciné par son pouvoir émotionnel et narratif. Mon travail de graphiste a sûrement joué un rôle essentiel dans mon approche de l'illustration jeunesse. J'aime donner à voir du sens avec un minimum de signes graphiques, dire les objets, les attitudes, les expressions du visage avec de simples formes géométriques. Les dessins organisés en séquences m'intéressent tout particulièrement parce qu 'il s'agit d'une écriture narrative très ancienne et sans aucun doute fondamentale (dessins rupestres, fresques égyptiennes ou amérindiennes, chemins de croix, vitraux, etc). J'aime les images à lire, le dessin comme Écriture… »
Proposition : Rencontre avec l’auteur autour de son travail et ateliers BD en noir et blanc.
Né le 31 janvier 1966, Thierry Murat suit les cours de l’École d'Arts appliqués de Poitiers (1986-1989).
Dès 1990, il est graphiste en agence de publicité, puis graphiste et illustrateur indépendant. Illustrateur d’albums et de livres jeunesse au Rouergue, il est depuis 2003 auteur de bande-dessinée et a réalisé chez Delcourt avec Corbeyran, le très remarqué « Elle ne pleure pas elle chante » d’après le roman d’Amélie Sarn. Il termine actuellement une bd jeunesse avec Rascal chez Delcourt et est l’auteur chez Nocturne, d’une bd sur le chanteur folk Woody Guthrie. Ses traits, modernes et le découpage de ses planches très cinématographique, en font un illustrateur qui sait rendre à merveille et avec beaucoup de modernité les sentiments et les choses ordinaires.
Bibliographie non exhaustive
-Mademoiselle Ysoline, scénario de Rascal, Delcourt Jeunesse - Octobre 2006
-Woody Guthrie, Edition Nocturne, BD Music - à paraître en 2006
-Elle ne pleure pas elle chante, scénario de Corbeyran, Delcourt – 2004
"Elle ne pleure pas elle chante", est adapté d'un roman d'Amélie Sarn.. Le sujet en est difficile, puisqu'il est ici question d'inceste.[…]
A quoi bon ajouter des images là où il est déjà si difficile de mettre des mots?
Amélie Sarn, en préface du livre, avoue qu'elle s'est posé la question. Comment partager un texte aussi intime? J'avais la trouille, écrit-elle. Peur que les images soient trop crues.
L'idée de transposer son histoire venait d'Eric Corbeyran, un scénariste de bande dessinée aussi curieux que prolifique. Idée osée en effet; le résultat est une réussite, d'une grande pudeur, tout en finesse.
Le texte d'Amélie Sarn, écrit en blanc sur fond noir en haut de chaque case, sert de fil conducteur au livre. Ainsi, au début de l'album, Laura apprend que son père a eu un accident de voiture. Amélie Sarn écrit: "Mon père est dans le coma. Je ressens quoi? Une joie. Une indicible joie. Il va peut être crever."
Pendant ce temps, les images montrent les gestes automatiques de la jeune femme, qui s'habille, prend sa voiture, rejoint sa mère et ses frères.
Le récit de Laura est celui d'un exorcisme. A ce père plongé dans le coma, enfin immobile, inoffensif, elle parle. Elle dit, jour après jour, dans le secret d'une chambre d'hôpital, tout ce qu'elle n'a jamais réussi à lui faire entendre; la douleur, la honte des viols subis entre l'âge de 6 et 12 ans.
A l'image, le découpage est cinématographique, en travellings, gros plans, champ/ contrechamp. Avec pour sujet principal, des visages, des gestes, dans un décor minimaliste. Le dessin est stylisé, cerné de traits noirs, coloré de tons froids, bleus gris, violets; il s'échappe parfois dans l'allégorie, quand les mots deviennent trop crus.
(Source : Chronique de France inter - Coup de cœur pour une bande dessinée, signée Corbeyran et Thierry Murat.).
« Elle ne pleure pas elle chante » a obtenu le prix BD des lycéens et apprentis PACA, édition 2005, auquel des lycéens d’Aubagne étaient associés en tant que jurés.
1. Trouver une idée, commencer à écrire l'histoire, définir le décor et les personnages.
> Objectif : Avoir écrit une trame du projet.
Il ne s'agit pas de travailler sur la forme littéraire mais sur le déroulé, avec une idée assez précise du début, de la fin, des personnages, du décor, quelques dialogues pour donner le ton. C'est ce que l'on appelle un synopsis.
2. Le découpage de l'histoire. Le rythme. Finalisation de la forme littéraire. Ecriture des dialogues et des textes.
> Objectif : chacun aura dessiné rapidement le contenu de sa page, de son histoire.
Même si le dessin n'est pas définitif, on pourra lire le texte découpé dans chaque case.
On saura ce que l'on a à dessiner. Le contenu de chaque case sera défini sous la forme de croquis très rapide.
C'est ce que l'on appelle un story-board.
3. Le dessin ! Pas de directives spéciales de ma part. Chacun traitera à sa manière ce qu'il a à raconter.
La seule contrainte c'est le noir et blanc. Incitation à faire simple et efficace.
> Objectif : Finir la/les pages !
Le site perso de Thierry Murat :
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Jean-Pierre Siméon

Proposition : Programmation de la pièce de l’auteur, « La lune des pauvres » au Théatre « Le Comoedia », suivi d’un dialogue avec J-P. Siméon, le vendredi 17 novembre de 14h. à 17h.
Né à Paris en 1950, Professeur agrégé de Lettres Modernes, Jean-Pierre Siméon enseigne longtemps à l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres de Clermont-Ferrand. C'est en 1986 qu'il y crée la 'Semaine de la poésie'. Il est par ailleurs, avec Christian Schiaretti, le fondateur du festival 'Les Langagières' à la Comédie de Reims, ainsi qu'auteur associé au TNP de Villeurbanne. Membre de la commission poésie du Centre National du Livre et collaborateur comme critique littéraire et dramatique au journal l'Humanité', il participe également aux comités de rédaction de plusieurs revues de poésie et dirige avec Jean-Marie Barnaud la collection 'Grands Fonds' à Cheyne Editeur. Jean-Pierre Siméon est l'auteur d'une vingtaine de recueils de poésie, dont certains lui ont valu différents prix, tels que les prix Théophile Briant et Maurice Scève, Antonin Artaud et Guillaume Apollinaire. Il obtient, en 1998, le grand prix du Mont Saint-Michel pour l'ensemble de son oeuvre. En avril 2001, il devient directeur artistique du 'Printemps des poètes'.
A ce titre, ou pour la « mission des arts et de la culture » du ministère de l’éducation nationale, il a souvent été amené à s’exprimer sur la poésie à l’école.
Bibliographie non exhaustive
-Passage du Désir - Castor Astral – 2006
« Passage du Désir » relate les aventures de deux laissés-pour-compte de la société. Leur rencontre met à nu la lâcheté confortable de l'un et la violence imbécile de l'autre. Elle leur révèle qu'ils ont été inaptes à reconnaître les lieux, les circonstances, les êtres qu'ils attendaient, n'ayant pas osé les désirer avec suffisamment de force. Ce livre est aussi un roman du macadam parisien, en particulier des cafés et des endroits secrets du Faubourg-Saint-Martin. Jean-Pierre Siméon a su tirer de la poésie la précision des mots et trouver une juste musicalité. Ses personnages font penser à ceux de Dabit, Bove ou Calet.
-La lune des pauvres : tragédie baroque – Les solitaires intempestifs – 2001.
Jean Pierre Siméon à propos de La Lune des pauvres…
« Entre l'amour et l'horreur, juste la place d'un monde, le nôtre, abîme dont nous avons, hommes de peu, tout tenté. Et comment se fait-il que, lorsque passe une espérance, on lui fasse la peau comme des voyous ivres dans le fond d'une impasse tuent et re-tuent leur seule raison de vivre? Appelez cela, si vous voulez, une tragédie, mais c'en serait alors la parodie sinistre, puisque le sang qu'on y répand n'a plus valeur de symbole : il bouillonne, il fume, et il pue pour de bon. Ou bien une tragédie baroque, parce que contaminée par le grotesque, le trompe-l'oeil et l'esprit d'épicier (voyons, rapport qualité-prix, que coûte l'espérance ?).
A cette aune, La lune des pauvres est une tragédie baroque. C'est l'histoire de deux types, braves et vulgaires, voués au non-lieu de leur pauvreté, fort embarrassés de cette imméritée beauté qui leur tombe entre les mains, l'étrangère ironique et tendre qui vient là pour mourir. Ils s'y prennent comme des manches et la tuent au hasard, sans savoir s'ils l'aimaient. C'est pathétique et bête comme la colère du fou qui hurle contre la pierre où il s'est brisé l'orteil.
Mais dans toute colère il y a de la grandeur, non ? ».
Compagnie « Le bruit des hommes ».
« La Lune des pauvres »
Le Spectacle
Jean-Pierre Siméon est un poète magnifique qui parle au cœur autant qu'à l'esprit.
Avec son sens du comique il réinvente la tragédie moderne.
Quatre personnages, proches des figures de Beckett, racontent la quête éternelle, drôle et lamentable, de Budapest à l'Océan, de deux inséparables, deux presque-clowns « Vrogne et Pinaille » qui croisent le chemin d'« Angela » tombée d'on ne sait d'où (peut-être du ciel ?).
Quête de l'amour, quête de l'humain, quête de l'espoir, fuite de la pauvreté?
Ils arpentent le monde et leurs rêves, guidés par «le Chœur».
La scénographie de cette pièce s’organise autour d’un espace unique, clos et ouvert, offrant diverses possibilités d’utilisation, pour rendre compte de la périphérie des villes, des friches qui sont le cadre de cette œuvre.
La scène s’organise autour d’une matière vivante, l’eau et d’une surface couverte de graffitis et de peintures murales, conçus à partir de l’œuvre d’un des fondateurs de ce nouveau courant de l’art contemporain, le jeune peintre new-yorkais Jean-Michel Basquiat.
Pistes pédagogiques
J.P. Siméon emprunte au théâtre antique : le personnage du chœur et sa fonction ; la construction (prologue – leitmotiv – strophe – antistrophe – épode) ; le déroulement du destin (le fatum) ; l’évocation des dieux et la fonction cathartique de la fin.
On trouve également des emprunts au théâtre classique : le héros tragique ; l’écriture en vers ; la poésie dramatique ; les coups de théâtre.
La lune des pauvres emprunte également beaucoup à Samuel Beckett : Vrogne et Pinaille rappellent le « clown » beckettien et le début de la pièce a de nombreux points communs avec « En attendant Godot ».
Du point de vue de la scénographie : formes, couleurs, matières, constructions, architecture de l’espace peuvent constituer une autre « entrée » pour l’étude de la pièce et de la réalisation.
Cette approche plastique peut donner matière à des travaux d’élèves.
Chaque scène est censée se dérouler dans un lieu différent : abri bus à Budapest, le parvis d’une cathédrale, un parking, une entrée d’immeuble, une plage en bord de mer, etc…
La compagnie.
Le Bruit des Hommes, c'est le choix d'un théâtre de création, de textes d'auteurs contemporains, souvent réputés difficiles. Parler de l'Homme contemporain, de ses aspirations, ses désirs, ses idées, ses contradictions et réfléchir sur sa place dans le monde.
Le Bruit des Hommes, c'est une équipe, un ensemble artistique dont l'effectif varie de 7 à 15 personnes environ selon les productions, qui se fonde sur des fidélités et des amitiés éprouvées par des années de compagnonnage.
Le Bruit des Hommes, c'est une attention portée au jeune public à travers des spectacles qui leur sont destinés et des formations (Ecole de théâtre, option théâtre au lycée, ateliers de pratiques artistiques, contrat éducatif local...).
A découvrir à la médiathèque Marcel Pagnol…
- Poèmes du corps traversé – Cheyne – 1987
- Les douze louanges – Cheyne – 1990