Action culturelle et lutte contre l'illettrisme

Publié le par Aubagne Ville-Lecture

"Action culturelle et lutte contre l'illettrisme".
Observatoire national des politiques culturelles ; Bordeaux, Marie-Christine ; Burgos, Martine ; Guinchard, Christian ; préf. de Marie-Thérèse Geffroy. La Tour-d’Aigues : Éd. de l’Aube, 2005. – 207 p. ; 24 cm. – (Monde en cours. Bibliothèque des territoires)
ISBN 2-7526-0188-3 :18 €
 
Présentation de l'éditeur
Rapprocher les notions de culture et d'illettrisme pourrait paraître paradoxal. Dans les années 1960 et même au-delà, la culture n'était pas encore considérée comme un levier d'action dans la lutte contre l'illettrisme, sauf peut-être par quelques francs-tireurs. Mais l'eau a coulé sous les ponts. L'illettrisme est devenu un problème de société comme dans tous les pays dont la scolarité obligatoire est pourtant ancienne. Il touche aujourd'hui 9 % des personnes adultes se 18 à 65 ans qui, bien qu'ayant été scolarisées en France, connaissent d'importantes difficultés avec l'écrit. Comment le monde de la culture et celui de la lutte contre l'illettrisme collaborent-ils ? Quels sont les effets de cette rencontre sur chacun d'eux ? On peut imaginer aisément que l'action artistique ou culturelle n'a pas pour objet de faire reculer directement l'illettrisme. Mais alors, quel est le sens de son investissement ? Comment les différents secteurs du champ artistique et culturel sont-ils présents autour de cet enjeu ? Comment cerner et rendre lisibles la place et le rôle du champ culturel dans la lutte contre l'illettrisme, les métiers et compétences mobilisés, les démarches et supports utilisés... Tel est l'objet de cet ouvrage qui présente les résultats d'une investigation menée à partir de trois terrains d'enquête : Nancy, Roubaix et le département de l'Ain.
      
                     
Critique par Joëlle Guidez, in « BBF » 2006 - Paris, t. 51, n° 6.
 
Ce livre est le résultat d’une étude réalisée par l’Observatoire des politiques culturelles à la demande de l’ANLCI (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme) avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication (Délégation générale à la langue française).
 
Elle a été confiée à Marie-Christine Bordeaux, chercheur à l’université Grenoble III, Martine Burgos, sociologue à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales) de Paris, et Christian Guinchard, sociologue à l’université de Haute Alsace.
 
À partir des questions « Où se situe la responsabilité sociale de l’action culturelle dans la lutte contre l’illettrisme ? », « Quels sont les enjeux des actions artistiques menées sur des territoires repérés ? », « Quelle légitimité ces actions culturelles revêtent-elles aux yeux des formateurs ? », « Comment ces actions sont-elles conduites ? », il s’agissait d’enquêter auprès de populations (au sens sociologique du terme) connues pour l’avancée de leur réflexion sur ce terrain.
 
Trois territoires ont donc été choisis : le département de l’Ain, Roubaix, et Nancy. L’enquête a été conduite au moyen d’entretiens qualitatifs auprès d’une centaine de personnes : professionnels de la lutte contre l’illettrisme, de l’action sociale, de la formation, de la culture, élus, accompagnés de travaux d’analyse documentaire et de séances d’observation. Cette investigation s’est déroulée de fin 2003 au printemps 2004.
 
L’illettrisme occupe une place prépondérante dans les préoccupations des réseaux luttant contre la grande pauvreté. Pourtant l’illettrisme n’est pas un « objet » en soi dans les politiques culturelles publiques et est consi-déré comme implicite au travers de programmes comme « culture et prisons » ou « culture à l’hôpital » ou bien encore les volets culturels des contrats de ville. La lutte contre l’illettrisme souffre d’une absence d’arrière-plan institutionnel. Elle est construite comme une compétence transversale, mais moins encadrée, ce qui lui permet d’évoluer, d’innover, d’expérimenter.
 
Dans les trois études, les domaines impliqués dans la lutte contre l’illettrisme sont : la lecture publique, fortement identifiée comme étant le lieu symbolique de l’écrit, utilitaire ou créatif, les musées, objets de visites fréquemment organisées et dont les œuvres sont rendues plus accessibles grâce à la présence ancrée de médiateurs. Inversement, dans le secteur des arts vivants, c’est essentiellement la rencontre avec l’artiste créateur qui est privilégiée. Cela dit, dans les trois cas, les activités culturelles ne sont proposées qu’après l’entrée en formation, jamais avant la prise en charge des difficultés avec l’écrit. (...)
          
Suite de l'article, sur le site du BBF :
 

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